Il est des livres comme ça que j’achète et que je conserve en me disant « plus tard ».

Il en est de livres comme de mes passions : un jour, je me mets à faire ce que je veux faire depuis plusieurs années et plus moyen de m’en décrocher.

laurie colwin se dire adieuMonter sur scène compensait tout : l’épuisement, la nourriture grasse, l’ennui. C’était une drogue. J’adorais cela. J’adorais nos costumes de scène et nos chaussures luminescentes. J’adorais me déhancher et suer devant ces enceintes géantes. Au concert, le public – blanc, noir et mélangé – nous jetait des fleurs, des perles de verres, des boules de gomme. Quand Ruby chantait Let us be joined, qui passait pour une chanson sur l’intégration mais qui ne parlait que de sexe, le public criait, hurlait et jetait des confettis découpés dans leur programme-souvenir « Ruby Tremblay ». Difficile de retranscrire la ferveur mièvre de cette époque. J’avais l’impression d’être dans un rêve fiévreux, mieux encore dans un rêve éveillé.
Des fois, je lis par dépit ou par ennui. Les grandes vacances sont propices à ce type de lecture.
En vrai, lire est une évasion, une vie parallèle, d’où le fait que je peux lire des heures durant, pleurer et rire, sans bouger un doigt de pied de mon canapé.
Le choix de mes lectures est souvent très aléatoire. J’ai un carnet de bal tellement rempli qu’il est difficile de faire passer un prétendant avant l’autre.
Qu’est-ce qui m’a donc amenée vers Comment se dire adieu?
Il faut remonter à sa parution en poche.
2008.
C’est loin *-*
A cette époque-là, je travaillais pour une grande enseigne de librairie. On m’avait permis de me rendre à Bruxelles pour une démonstration de différents éditeurs afin de nous présenter les prochains best-sellers.
Je suis revenue de cette journée avec des pieds en compote, un sac à dos plein à craquer de nouveautés et la folle envie de me couler dans mon lit pour lire tout ce que je venais de ramener.
Vu la météo de ces jours-là et le charmant jeune homme qui me courtisait allègrement, mes acquisitions se sont gentiment rangées avec mes très nombreux « à lire ».
Juillet 2015, on prend les mêmes et on recommence. Je ne travaille plus en librairie mais derrière un bureau. Je ne vais plus travailler en voiture mais en bus (plus d’une heure par jour pour lire!). Le charmant jeune homme est devenu mon charmant mari… Mon envie de lire est de nouveau fort présente depuis la fin de mes cours du soir.
Une vrai frénésie.
Bien que le format numérique soit simple à emporter partout, je reste une amoureuse du papier.
Mais les grands formats ne sont pas pratiques dans le bus. Et comme je ne suis pas encore en vacances…
Mon choix se « restreint » donc aux poches. Il est loin le temps des grosses briques, je me tourne donc vers un format plus « passe-partout ».
Le livre de Laurie Colwin, dans sa version poche me fait de l’oeil avec ses 343 pages et sa couverture, so seventies, je l’emporte donc pour remplacer son prédécesseur que je trouve un poil trop ennuyeux pour le moment (je ne m’avoue pas vaincue et lui laisse sa chance pour plus tard).
Résultat?
J’en veux encore *-*
Première chose qui me frappe : j’ai découvert que Laurie Colwin était décédée depuis… 1992!
Et la première traduction française date de 1999… Elle connaît donc un succès posthume en langue française.
Cette auteure est morte jeune (48 ans) mais a malgré tout pas mal marqué son époque (je vous renvoie vers Wikipédia pour en savoir un peu plus. Malgré tout, sa biographie reste très sommaire, ce qui est dommage).
Deuxième chose : il m’a fallu près de 8 ans pour dévorer ce livre qui me donne envie de lire tous les autres…
Le résumé me tentait mais sans plus. C’est une période musicale que j’affectionne mais j’aime moi la période historique. Les Américains m’ennuient (je suis tellement vieille Europe :D)
Mais ce texte est tellement fin, drôle et cynique à la fois!
J’y ai retrouvé l’éternel conflit mère-fille, vécu avec plus ou moins d’intensité à un moment ou à un autre d’une vie…
Les questions classiques du « serais-je une bonne mère? » voire même « qui suis-je? » ou « que suis-je? »
Ce texte me donne envie de me plonger dans la musique soul, le jazz et la culture de cette époque…
Ce roman n’est pas tout jeune, il se déroule dans les USA d’il y a au moins 40 ans mais qu’est-ce qu’il est frais!
Je redoute les autres titres que je pourrais lire d’elle et les romans qui suivront : ils auront du mal à lui faire concurrence!
Une très belle surprise, à lire sans hésiter.

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